Publié le 02 mars 2026
Portabilité mutuelle et prévoyance : obligations des TPE/PME
Dans une TPE/PME, le départ d’un salarié mobilise beaucoup d’attention : chaque document, chaque démarche a son importance.
Nous savons que comprendre la portabilité de la mutuelle peut encore être source de confusion ; surtout sans service RH.
Pour un dirigeant de TPE/PME, l’idée est surtout de savoir ce qui continue, ce qui s’arrête, et comment gérer les départs, notamment les retraites. APRIL Entreprise vous donne les bons réflexes pour gérer la portabilité sans stress et accompagner vos équipes dans de bonnes conditions.
Qu’est-ce que la portabilité de la mutuelle ?
Lorsqu’un salarié s’en va, il peut garder sa mutuelle et sa prévoyance sans rien avoir à payer. En clair, sa couverture continue comme s’il faisait toujours partie de l’équipe, mais seulement pour une période limitée et sous certaines conditions.
Durant sa période de transition professionnelle, le salarié continue d’être remboursé pour ses soins et reste protégé en cas d’arrêt, d’invalidité ou de décès sans contrepartie de cotisations.
Ce maintien prévu par la loi n’est pas un détail : il permet au salarié de traverser une période parfois inconfortable financièrement avec un minimum de sérénité.
Quelles garanties sont concernées par la portabilité ?
Concrètement sont concernés les contrats frais de santé et prévoyance. C’est-à-dire les garanties suivantes :
Frais de santé :
- les remboursements liés aux soins courants, aux médicaments ou aux examens médicaux,
- l’optique et le dentaire,
- l’hospitalisation,
Prévoyance :
- les indemnités complémentaires en cas d’arrêt de travail,
- les rentes d’invalidité,
- le capital décès et les rentes éducation éventuelles.
Comment fonctionne le maintien de la mutuelle une fois à la retraite ?
1/ La portabilité ne s’applique PAS à la retraite.
En effet, la portabilité prévue par l’article L.911-8 du Code de la sécurité sociale concerne uniquement les ruptures de contrat suivies d’indemnisation par France Travail (licenciement hors faute lourde, fin de CDD, rupture conventionnelle, etc.).
-> Le départ à la retraite n’ouvre pas droit à cette portabilité gratuite.
2/ Le dispositif applicable à la retraite est la « loi Évin » (maintien payant à titre individuel)
À la retraite, votre ancien salarié peut demander à continuer à bénéficier du contrat collectif de l’entreprise, mais :
- Le maintien est individuel (il sort du contrat collectif obligatoire)
- La couverture devient payante à 100 % (l’entreprise et l’ancien salarié ne participent plus)
- L’assureur ne peut ni refuser ni exclure de garanties (pas de questionnaire médical)
- Les tarifs sont plafonnés pendant 3 ans :
- 1re année : tarif salarié (celui qu’il payait + la part patronale)
- 2e année : ≤ 25 % de plus
- 3e année : ≤ 50 % de plus. Au-delà de la 3e année, l’assureur peut appliquer son tarif individuel sans plafond.
- Le salarié doit avoir bénéficié de la mutuelle obligatoire pendant son contrat de travail
- Il doit justifier de sa retraite (liquidation de la pension)
- Il doit en faire la demande dans les 6 mois suivant la rupture du contrat (ou au plus tard dans les 6 mois suivant la fin de la portabilité classique s’il y avait droit avant)
- Il ne doit pas être pris en charge à 100 % par un autre régime obligatoire (ex. ALD en fin de carrière)
Du côté de l’employeur :
- L’employeur doit informer chaque salarié partant à la retraite de cette possibilité (via le certificat de travail ou un courrier dédié)
- L’employeur doit transmettre la demande à l’assureur dans les meilleurs délais
Vous souhaitez anticiper le départ à la retraite de vos collaborateurs et leur proposer une continuité de couverture sereine ?
Comment est financée la portabilité ?
Son financement est encadré et intégré au mécanisme même du contrat collectif.
Le salarié n’a plus rien à payer
Une fois le contrat rompu, à sa demande, l’ancien salarié garde sa mutuelle et sa prévoyance sans aucune cotisation à régler. C’est une règle légale : le maintien doit être gratuit pour lui, afin d’assurer une transition sans rupture de couverture.
-> Le financement est assuré par mutualisation sur les cotisations payées par les salariés du contrat.
Quelle est la durée de la portabilité ? Un calcul très simple
La durée de la portabilité correspond à la période pendant laquelle l’ancien salarié continue de bénéficier gratuitement de votre mutuelle et de votre prévoyance. Bonne nouvelle : la règle est très facile à appliquer.
Durée = ancienneté du salarié dans l’entreprise (en mois), dans la limite de 12 mois
C’est un mois de portabilité pour un mois travaillé, avec un maximum d’un an.
Exemples concrets :
- Un salarié présent 5 mois → 5 mois de portabilité.
- Un salarié présent 18 mois → 12 mois (maximum légal).
- Un salarié présent 3 ans → 12 mois.
- Un CDD de 2,5 mois → arrondi au mois supérieur → 3 mois de portabilité.
Début de la portabilité : dès la date de rupture du contrat
La couverture commence le lendemain de la fin de contrat (ou de la fin du préavis, qu’il soit effectué ou non).
Fin de la portabilité : trois événements possibles
La portabilité cesse automatiquement :
- à la fin de la période calculée (1 à 12 mois),
- ou dès que le salarié ne perçoit plus l’allocation chômage,
- ou s’il retrouve un emploi avec une nouvelle mutuelle obligatoire.
Ce suivi n’est pas à la charge de l’entreprise : l’assureur arrête la couverture dès que la période est terminée.
Quelles sont les obligations de l’entreprise sur la portabilité de la mutuelle et de la prévoyance ?
Informer formellement le salarié
Lorsqu’un contrat se termine, l’employeur doit fournir trois pièces :
- le certificat de travail
- l’attestation France Travail signalant le maintien des garanties en portabilité
C’est ce qui permet au salarié de connaître ses droits et à l’entreprise de ne pas se retrouver mise en cause plus tard.
Informer l’assureur pour activer la portabilité
L’assureur ne peut pas deviner qu’un salarié quitte l’entreprise, c’est donc l’employeur qui doit signaler la rupture.
Selon les contrats, cela passe soit par le signalement via la DSN de fin de contrat, soit par un formulaire spécifique transmis à l’assureur.
Conserver les justificatifs
Conserver les preuves de remise des documents et des déclarations est essentiel, surtout pour les petites structures. En cas de litige, ces preuves démontrent que l’entreprise a bien respecté ses obligations légales.
Besoin d’y voir clair sur vos obligations santé et prévoyance ?
Chez APRIL Entreprise, nous aidons chaque jour les TPE et PME à sécuriser leur protection sociale :
- audit complet de vos régimes,
- contrôle de la conformité (portabilité, DUE, catégories objectives),
- paramétrage DSN pris en charge,
- outils pédagogiques pour présenter les garanties à vos équipes,
- interlocuteur dédié pour suivre l’évolution de vos besoins.