Publié le 05 août 2026
Réforme des Indemnités journalières : une réforme discrète, un impact majeur
Derrière une réforme en apparence technique, se profile un bouleversement pour les entreprises et les salariés.
Depuis le 1er avril 2025, la baisse du plafond des revenus pris en compte pour le calcul des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) est entrée en vigueur, en toute discrétion. Pourtant, cette mesure inscrite dans le décret n° 2025-160 et intégrée au PLFSS 2025 marque un tournant significatif : une réduction de 22 % du montant maximal des IJSS, passant de 53,31 € à 41,47 € par jour. Concrètement, le plafond de calcul passe de 1,8 SMIC à 1,4 SMIC.
L’objectif est clair : contenir les dépenses publiques liées aux arrêts maladie. La conséquence immédiate l’est tout autant : le transfert du coût des arrêts de travail vers les entreprises et les régimes de prévoyance. Une dynamique qui s’inscrit dans la continuité des réformes sociales des dernières années.
Des effets en cascade sur les entreprises et les salariés
Cette réforme ne concerne « que » les arrêts maladie. Les IJSS versées au titre des accidents du travail ou des maladies professionnelles ne sont pas concernées. Elle ne s’applique également qu’aux arrêts débutant après son entrée en vigueur. Mais son impact dépend fortement du profil du salarié et du dispositif de protection en place :
Pour relever ces défis, plusieurs axes d’amélioration sont possibles auxquels les entreprises peuvent contribuer :
- En cas d’arrêt de travail d’un salarié, dont la rémunération est inférieure à 1,4 SMIC : pas d’impact suite à la reforme.
- En cas d’arrêt de travail d’un salarié, dont la rémunération dépasse 1,4 SMIC :
🔹Cas 1 : Le salarié ne perçoit que les IJSS, entraînant une baisse directe de ses revenus (pouvant aller jusqu’à 22 % si sa rémunération dépasse 1,8 fois SMIC).
🔹Cas 2 : Le salarié bénéficie d’un maintien de salaire par l’employeur, qui compense partiellement ou totalement la diminution de prise en charge par la Sécurité sociale.
🔹Cas 3 : Le salarié perçoit des indemnités journalières complémentaires via un contrat d’assurance :
- Si la garantie est exprimée en complément des IJSS, la réforme impacte le salarié sans modifier la prestation d’assurance.
- Si la garantie est exprimée en incluant les IJSS, la réforme entraine une augmentation des prestations versées par le régime complémentaire, impactant la sinistralité du régime.
On le voit : derrière une mesure apparemment technique, les répercussions sont multiples et parfois profondes.
Les effets de cette réforme sur les salariés, entreprises et assureurs dépendront de plusieurs facteurs :
- Le profil des salariés en arrêt (rémunérations et ancienneté) ;
- La durée des arrêts ;
- Le dispositif de maintien de salaire par l’employeur ;
- Les caractéristiques du régime de prévoyance complémentaire (carence, franchise, niveau d’indemnisation).
Une réforme qui interpelle et appelle à l’action
Chaque entreprise devra analyser finement les effets de cette réforme sur ses salariés et ses coûts. Car au-delà de l’ajustement budgétaire pour la Sécurité sociale, c’est bien une externalisation partielle du risque qui est en train de s’opérer, au détriment des entreprises et potentiellement des salariés les plus exposés.
Dans ce contexte, les régimes de prévoyance deviennent un véritable levier stratégique, non seulement pour sécuriser les rémunérations en cas d’arrêt, mais aussi pour renforcer la politique RH : attractivité, fidélisation, marque employeur…
Plus que jamais, il est essentiel pour les entreprises de s’appuyer sur leur courtier-conseil pour anticiper, ajuster et piloter ces régimes.