Publié le 24 septembre 2026
Pourquoi le bien-être financier des salariés est-il devenu un enjeu RH ?
Pendant longtemps, l’entreprise s’est concentrée sur la santé physique, puis sur la santé mentale.
Aujourd’hui, un troisième sujet s’impose progressivement : le bien-être financier.
Inflation, hausse du coût de la vie, difficultés d’accès au logement, aidance, séparation, arrivée d’un enfant… Les préoccupations financières font désormais partie du quotidien de nombreux salariés. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, elles ne restent pas à la porte de l’entreprise.
Concentration, sérénité, engagement, absentéisme : les difficultés financières peuvent avoir des répercussions bien réelles sur la vie professionnelle.
Le dernier baromètre Ipsos x Klaro met des chiffres sur une réalité que de nombreux DRH observent déjà au quotidien.
Une pression financière qui concerne près d’un salarié sur deux
Le premier enseignement est frappant. 42 % des salariés déclarent que la situation financière de leur foyer est aujourd’hui tendue, fragile ou critique.
Plus préoccupant encore : près de 4 salariés sur 10 estiment que leur situation financière s’est dégradée en seulement un an.
Derrière ces statistiques se cachent des situations très diverses : hausse des mensualités de crédit, difficultés à faire face aux dépenses imprévues, augmentation des dépenses de santé, soutien financier à un proche ou encore baisse du pouvoir d’achat. Autant de situations qui peuvent fragiliser durablement un collaborateur, sans être toujours visibles.
Quand les difficultés financières deviennent un sujet RH
C’est probablement l’information la plus intéressante du baromètre. Les difficultés financières ne restent pas dans la sphère privée. Elles influencent directement le quotidien professionnel.
Parmi les salariés concernés :
- 64 % pensent régulièrement à leurs difficultés financières pendant leur temps de travail ;
- 45 % estiment que leur situation a un impact direct sur leur travail ;
- près d’un quart ont déjà manqué une ou plusieurs journées de travail pour des raisons liées à leurs préoccupations personnelles.
Le stress financier ne se traduit pas uniquement par une baisse du pouvoir d’achat. Il mobilise une charge mentale importante qui peut affecter la concentration, la prise de décision, les relations de travail ou encore la capacité à se projeter.
Pour les équipes RH et les managers, ces situations restent souvent invisibles. Pourtant, elles peuvent expliquer une partie de l’absentéisme, des demandes d’acompte sur salaire, de certaines difficultés de performance ou encore du désengagement de collaborateurs pourtant très investis.
Les attentes des collaborateurs évoluent
Les attentes des collaborateurs dépassent aujourd’hui les seuls avantages financiers. Ils recherchent également des informations fiables, un accompagnement dans certaines démarches, une meilleure connaissance de leurs droits ou encore des solutions qui leur permettent de mobiliser les aides auxquelles ils peuvent prétendre.
Aujourd’hui, 62 % des salariés considèrent qu’un accompagnement sur leur bien-être financier est important, voire indispensable.
Pour les entreprises, l’objectif n’est pas de se substituer aux acteurs sociaux ou aux conseillers financiers. En revanche, elles peuvent faciliter l’accès à des dispositifs souvent méconnus, qui contribuent à réduire la charge mentale liée aux difficultés financières :
- aides sociales,
- avantages salariés,
- accompagnement dans les moments de vie,
- politique sociale,
- protection sociale adaptée.
Le regard d’APRIL Entreprise
Une Chez APRIL Entreprise, nous constatons la même évolution auprès des DRH que nous accompagnons. Le rôle du courtier ne consiste plus uniquement à construire un bon contrat santé ou prévoyance. Il consiste également à aider les entreprises à identifier les solutions qui améliorent concrètement l’expérience collaborateur.
Prévention, accompagnement, accès aux soins, aidance, santé financière… Autant de leviers qui participent aujourd’hui à une politique RH plus globale.
Pour aller plus loin
Sans se substituer aux responsabilités individuelles, les entreprises disposent aujourd’hui de nouveaux leviers pour informer, orienter et accompagner leurs collaborateurs. Une évolution qui illustre parfaitement la transformation actuelle de la protection sociale : accompagner avant que les difficultés ne s’installent durablement.
Nous remercions notre partenaire Klaro, facilitateur d’accès aux aides et dispositifs, pour la publication de ce baromètre, qui apporte un éclairage précieux sur un sujet encore trop peu documenté.
INTERVIEW : Le bien-être financier au micro de KLARO
Quel résultat de cette étude vous a le plus surpris ?
Le résultat qui nous a le plus marqués, c’est l’ampleur de la charge mentale dont on prend conscience. 64 % des salariés reconnaissent penser à leurs finances pendant leur temps de travail, soit presque deux sur trois. Ce chiffre est frappant parce qu’il est à la fois massif et rarement visible. Ces préoccupations franchissent la porte de l’entreprise, sans que le sujet soit pour autant évoqué – ou en tout cas pas assez régulièrement – par les managers ou les équipes RH.
À partir de quel moment la santé financière est-elle devenue un véritable sujet RH ?
L’inflation de ces dernières années a rendu cet enjeu beaucoup plus visible. Même avec un ralentissement de la hausse des prix que l’on observe ces derniers mois, les niveaux atteints continuent de peser sur les budgets des foyers. Selon nous, la santé financière doit devenir un véritable sujet RH le jour où elle commence à peser sur la vie professionnelle des collaborateurs. Aujourd’hui, ce sont 45 % des salariés en difficulté qui estiment que cela impacte leur travail, et près d’un quart ont déjà manqué une journée pour des raisons financières. Leur attente est désormais explicitée : 62 % des salariés jugent un accompagnement dans de domaine par leur employeur indispensable.
Quelles sont les problématiques qui reviennent souvent chez les collaborateurs ?
Le logement d’abord, qui reste le premier poste de dépense et une source d’inquiétude constante, entre loyers élevés et difficultés d’accès. Le rôle de proche aidant ensuite, un sujet encore trop peu outillé alors qu’il concerne un nombre croissant de salariés. La mobilité enfin, particulièrement sensible avec la hausse récente des prix du carburant, qui fait du simple trajet domicile-travail un réel arbitrage budgétaire. Ces trois problématiques ont un point commun : si elles relèvent de la vie personnelle, elles finissent par avoir des répercussions sur le travail.
Comment ce sujet pourrait-il évoluer dans les prochaines années ?
Nous pensons que le bien-être financier va s’installer comme un pilier à part entière de la politique sociale, au même titre que la santé ou la qualité de vie au travail. On passera progressivement des mesures ponctuelles, comme la prime de fin d’année, à un accompagnement continu et personnalisé, car les besoins varient fortement selon les profils et les âges. Et il est clair que ce type d’avantages deviendra un véritable levier d’attractivité et de fidélisation pour ceux qui s’en saisiront.
Chez APRIL Entreprise, nous construisons des synergies fortes avec des acteurs clés de l’écosystème RH
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